Главная Обратная связь Поможем написать вашу работу!

Дисциплины:

Архитектура (936)
Биология (6393)
География (744)
История (25)
Компьютеры (1497)
Кулинария (2184)
Культура (3938)
Литература (5778)
Математика (5918)
Медицина (9278)
Механика (2776)
Образование (13883)
Политика (26404)
Правоведение (321)
Психология (56518)
Религия (1833)
Социология (23400)
Спорт (2350)
Строительство (17942)
Технология (5741)
Транспорт (14634)
Физика (1043)
Философия (440)
Финансы (17336)
Химия (4931)
Экология (6055)
Экономика (9200)
Электроника (7621)






Car, pour les vaniteux, les autres hommes sont des admirateurs. 3 часть. –C'est bien vrai, n'est-ce pas, que les moutons mangent les arbustes?



–C'est bien vrai, n'est-ce pas, que les moutons mangent les arbustes?

–Oui. C'est vrai.

-Ah! Je suis content.

 

Je ne compris pas (я не понял: comprendre) pourquoi il était si important (почему это было так важно) que les moutons mangeassent les arbustes (чтобы бараны ели кусты). Mais le petit prince ajouta (но маленький принц добавил):

–Par conséquent (следовательно) ils mangent aussi les baobabs (они едят также баобабы)?

Je fis remarquer au petit prince que (я обратил внимание маленького принца /на то/, что: „дал заметить маленькому принцу, сделал так, чтобы он заметил“) les baobabs ne sont pas des arbustes (баобабы не являются кустами), mais des arbres (но деревьями: un arbre) grands comme des églises (высокими: „большими“ как церкви: une église) et que, si même (и что, даже если бы) il emportait avec lui (он унес с собой) tout un troupeau d'éléphants (целое стадо слонов), ce troupeau ne viendrait pas à bout d'un seul baobab (это стадо не справилось бы /и/ с одним единственным баобабом: venir à bout de quelque chose – справиться с чем-либо: „дойти до края, до конца“).

L'idée du troupeau d'éléphants (идея со стадом слонов) fit rire le petit prince (заставила: „сделала“ смеяться маленького принца):

–Il faudrait (нужно было бы; il faut – нужно) les mettre (их поставить) les uns sur les autres (одних на других)...

Mais il remarqua avec sagesse (но он заметил мудро: „с мудростью“; sage – мудрый):

–Les baobabs, avant de grandir (прежде чем вырасти), ça commence (это начинается = они начинают) par être petit (с того, чтобы быть маленькими).

–C'est exact (это точно)! Mais pourquoi veux-tu (но почему ты хочешь) que tes moutons mangent les petits baobabs (чтобы барашки ели маленькие баобабы)?

Il me répondit (он мне ответил): "Bien (хорошо; итак)! Voyons (посмотрим = а как же еще)!" comme s'il s'agissait là (как будто речь шла здесь; agir – действовать) d'une évidence (об очевидности). Et il me fallut (и мне понадобилось) un grand effort d'intelligence (большое усилие разума) pour comprendre (чтобы понять) à moi seul (самому: „мне самому“) ce problème (эту проблему).



 

Je ne compris pas pourquoi il était si important que les moutons mangeassent les arbustes. Mais le petit prince ajouta:

–Par conséquent ils mangent aussi les baobabs?

Je fis remarquer au petit prince que les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grands comme des églises et que, si même il emportait avec lui tout un troupeau d'éléphants, ce troupeau ne viendrait pas à bout d'un seul baobab.

L'idée du troupeau d'éléphants fit rire le petit prince:

–Il faudrait les mettre les uns sur les autres...

Mais il remarqua avec sagesse:

–Les baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit.

–C'est exact! Mais pourquoi veux-tu que tes moutons mangent les petits baobabs?

Il me répondit: "Bien! Voyons!" comme s'il s'agissait là d'une évidence. Et il me fallut un grand effort d'intelligence pour comprendre à moi seul ce problème.

 

Et en effet (и действительно), sur la planète du petit prince (на планете маленького принца), il y avait (были, имелись) comme sur toutes les planètes (как на всех планетах), de bonnes herbes (хорошие = полезные травы: une herbe) et de mauvaises herbes (и плохие травы = сорняки). Par conséquent (следовательно, соответственно) de bonnes graines (хорошие семена: une graine) de bonnes herbes et de mauvaises graines de mauvaises herbes. Mais les graines sont invisibles (но семена невидимы). Elles dorment (они спят) dans le secrèt de la terre (в тайне земли) jusqu'à ce (до тех пор) qu'il prenne fantaisie (пока не вздумается; prendre – брать) à l'une d'elles (одному: „одной“ из них) de se réveiller (проснуться)… Alors elle s'étire (тогда она потягивается), et pousse (и толкает, тянет) d'abord timidement (сначала робко; timide – робкий) vers le soleil (к солнцу) une ravissante petite brindille (восхитительный маленький росток, веточка, травинка) inoffensive (безобидный; offenser – оскорблять, обижать). S'il s'agit d'une brindille de radis ou de rosier, (если речь идет о ростке редиски, m или /куста/ розы, m) on peut la laisser pousser (можно дать ей тянуться, расти), comme elle veut (как она хочет: vouloir). Mais s'il s'agit d'une mauvaise plante (но если речь идет о сорняке), il faut (нужно: falloir) arracher la plante aussitôt (вырвать растение тут же), dès qu'on a su (как только удалось: „смог, смогли: savoir – знать; уметь, смочь) la reconnaître (ее узнать). Or (а вот как раз) il y avait (имелись) des graines terribles (ужасные семена) sur la planète du petit prince (на планете маленького принца)... c'étaient les graines de baobabs (это были семена баобабов). Le sol de la planète (почва планеты) en (ими) était infesté (была заражена). Or un baobab, si l'on s'y prend trop tard (если его не распознать вовремя: „если взяться за него слишком поздно“), on ne peut jamais plus (невозможно никогда больше) s'en débarasser (от них избавиться). Il encombre (он заполоняет: „загромождает“) toute la planète (всю планету). Il la perfore de ses racines (он ее пронизывает своими корнями). Et si la planète est trop petite (и если планета слишком маленькая), et si les baobabs sont trop nombreux (и если баобабы слишком многочисленны; un nombre – число, количество), ils la font éclater (они ее разрывают: „они ее заставляют взорваться, разломиться“).



 



Et en effet, sur la planète du petit prince, il y avait comme sur toutes les planètes, de bonnes herbes et de mauvaises herbes. Par conséquent de bonnes graines de bonnes herbes et de mauvaises graines de mauvaises herbes. Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secrèt de la terre jusqu'à ce qu'il prenne fantaisie à l'une d'elles de se réveiller… Alors elle s'étire, et pousse d'abord timidement vers le soleil une ravissante petite brindille inoffensive. S'il s'agit d'une brindille de radis ou de rosier, on peut la laisser pousser comme elle veut. Mais s'il s'agit d'une mauvaise plante, il faut arracher la plante aussitôt, dès qu'on a su la reconnaître. Or il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince... c'étaient les graines de baobabs. Le sol de la planète en était infesté. Or un baobab, si l'on s'y prend trop tard, on ne peut jamais plus s'en débarasser. Il encombre toute la planète. Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, et si les baobabs sont trop nombreux, ils la font éclater.

 

"C'est une question de discipline (это вопрос дисциплины = самодисциплины, распорядка), me disait (говорил мне: dire) plus tard (позже) le petit prince. Quand on a terminé (когда закончил) sa toilette du matin (свой утренний туалет: „свой туалет утра“), il faut faire (нужно сделать) soigneusement (старательно, тщательно; soigner – ухаживать) la toilette de la planète (туалет планеты). Il faut s'astreindre régulièrement (нужно принуждать себя регулярно) à arracher les baobabs (вырывать баобабы) dès qu'on les distingue (как только их отличишь) d'avec les rosiers (от кустов розы) auxquels ils se rassemblent beaucoup (на которые они очень походят; beaucoup – много; весьма) quand ils sont très jeunes (когда они очень молоды). C'est un travail (это работа) très ennuyeux (очень скучная; ennuyer – наводить скуку, раздражать), mais très facile (но очень простая)."

 

 

"C'est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s'astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu'on les distingue d'avec les rosiers auxquels ils se rassemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C'est un travail très ennuyeux, mais très facile."

 

Et un jour (и однажды) il me conseilla (он мне посоветовал) de m'appliquer à réussir (постараться, чтобы получился, постараться добиться) un beau dessin (хорошего рисунка), pour bien (чтобы хорошо = как следует) faire entrer ça (заставить: „сделать“ войти это) dans la tête des enfants (в голову детей) de chez moi (там, где я живу: chez moi – у меня /дома/). "S'ils voyagent (если они будут путешествовать) un jour (когда либо: „однажды, один день“), me disait-il (говорил он мне), ça pourra leur servir (это сможет им помочь: pouvoir). Il est quelquefois (это иногда) sans inconvénient (не доставляет хлопот, трудностей: „без неудобств“) de remettre à plus tard son travail (отложить на более позднее время свою работу). Mais, s'il s'agit des baobabs (но, если речь идет о баобабах), c'est toujours une catastrophe (это всегда катастрофа). J'ai connu une planète (я знал одну планету: connaître), habitée par un paresseux (на которой жил ленивый, лентяй; une paresse – лень). Il avait négligé trois arbustes (он пренебрег тремя кустами, запустил три кустика)..."

Et, sur les indications du petit prince (и, по указаниям принца), j'ai dessiné cette planète-là (я нарисовал вон ту планету). Je n'aime guère (я вовсе не люблю) prendre le ton d'un moraliste (принимать: „брать“ тон моралиста). Mais le danger des baobabs (но опасность, угроза баобабов) est si peu connu (так мало известна: connaître – знать), et les risques courus par celui (и опасности, которым подвергается тот: courir les risques; courir – бежать; здесь – подвергаться) qui s'égarerait dans un astéroïde (кто заблудился бы /и попал бы/ в астероид) sont si considérables (являются настолько значительными), que, pour une fois (что, в виде исключения: „для одного раза“), je fais exception à ma réserve (я сделал исключение из своей сдержанности, нежелания /читать нравоучение/). Je dis (я говорю): "Enfants (дети)! Faites attention aux baobabs (следите: „делайте внимание“ за баобабами)!" C'est pour avertir mes amis (это чтобы предупредить моих друзей) du danger (об опасности) qu'ils frôlaient (которой они касаются, с которой приходят в соприкосновение: frôler – задевать, слегка касаться) depuis longtemps (вот уже давно: depuisc /какого-либо времени/), comme moi-même (как я сам), sans le connaître (не зная того: „без /того, чтобы/ знать это“), que j'ai tant travaillé ce dessin-là (вот почему я так трудился над этим рисунком). La leçon que je donnais (урок, который я давал) en valait la peine (стоил потраченного труда: „этого /труда/ стоил муку“). Vous vous demanderez peut-être (вы меня спросите, может быть): Pourquoi n'y a-t-il pas (почему нету), dans ce livre (в этой книге), d'autres dessins (других рисунков) aussi grandioses (таких же внушительных), que le dessin des baobabs (как рисунок баобабов)? La réponse est bien simple (ответ весьма прост): J'ai essayé (я старался, попытался) mais je n'ai (но я в этом) pas pu (не смог: pouvoir) réussir (добиться успеха) = (но ничего не вышло). Quand j'ai dessiné les baobabs (когда я рисовал баобабы) j'ai été animé (я был воодушевляем, вдохновляем) par le sentiment de l'urgence (чувством неотложности, неотложной необходимости, f).

 

Et un jour il me conseilla de m'appliquer à réussir un beau dessin, pour bien faire entrer ça dans la tête des enfants de chez moi. "S'ils voyagent un jour, me disait-il, ça pourra leur servir. Il est quelquefois sans inconvénient de remettre à plus tard son travail. Mais, s'il s'agit des baobabs, c'est toujours une catastrophe. J'ai connu une planète, habitée par un paresseux. Il avait négligé trois arbustes..."

Et, sur les indications du petit prince, j'ai dessiné cette planète-là. Je n'aime guère prendre le ton d'un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu, et les risques courus par celui qui s'égarerait dans un astéroïde sont si considérables, que, pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis: "Enfants! Faites attention aux baobabs!" C'est pour avertir mes amis du danger qu'ils frôlaient depuis longtemps, comme moi-même, sans le connaître, que j'ai tant travaillé ce dessin-là. La leçon que je donnais en valait la peine. Vous vous demanderez peut-être: Pourquoi n'y a-t-il pas, dans ce livre, d'autres dessins aussi grandioses, que le dessin des baobabs? La réponse est bien simple: J'ai essayé mais je n'ai pas pu réussir. Quand j'ai dessiné les baobabs j'ai été animé par le sentiment de l'urgence.

 

VI

 

Ah! petit prince, j'ai compris (я понял: comprendre), peu à peu (мало по малу), ainsi (так, таким образом), ta petite vie (твою маленькую жизнь) mélancolique (меланхолическую). Tu n'avais eu (у тебя не было: „ты не имел“: avoir) longtemps (долгое время) pour distraction (для развлечения) que la douceur (/ничего, кроме/ как нежность = прелесть) des couchers de soleil (закатов солнца; se coucher – ложиться). J'ai appris ce détail nouveau (я узнал эту новую подробность: apprendre), le quatrième jour au matin (на четвертый день утром), quand tu m'as dit (когда ты мне сказал):

–J'aime bien les couchers de soleil (я очень люблю закаты солнца). Allons voir un coucher de soleil (пойдем посмотрим закат солнца)...

–Mais il faut attendre (но нужно подождать)...

–Attendre quoi (подождать что)?

–Attendre que le soleil se couche (чтобы солнце садилось).

Tu as eu l'air (у тебя был: „ты имел“ вид) très surpris (очень удивленный; surprendre – удивлять) d'abord (сначала), et puis (а потом) tu as ri (ты смеялся: rire) de toi-même (над самим собой). Et tu m'as dit (и ты мне сказал):

–Je me crois (мне кажется, что я: „я полагаю меня“: croire) toujours (все время = все еще) chez moi (дома: „у меня“)!

 

Ah! petit prince, j'ai compris, peu à peu, ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n'avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil. J'ai appris ce détail nouveau, le quatrième jour au matin, quand tu m'as dit:

–J'aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil...

–Mais il faut attendre...

–Attendre quoi?

–Attendre que le soleil se couche.

Tu as eu l'air très surpris d'abord, et puis tu as ri de toi-même. Et tu m'as dit:

–Je me crois toujours chez moi!

 

En effet (действительно). Quand il est midi aux Etats-Unis (когда полдень в Соединенных Штатах), le soleil (солнце), tout le monde sait (все: „весь мир“ знают), se couche sur la France (заходит над Францией). Il suffirait (было бы достаточно, хватило бы: suffir) de pouvoir aller en France (смочь пойти = отправиться во Францию) en une minute (за одну минуту, в течение одной минуты) pour assister au coucher de soleil (чтобы присутствовать при закате солнца). Malheureusement (к несчастью) la France est bien trop éloignée (Франция очень далеко: „весьма слишком удалена“: loin – далеко; éloigner – удалять, отдалять). Mais, sur ta si petite planète (но, на маленькой планете), il te suffisait (тебе было достаточно, хватало) de tirer ta chaise (передвинуть стул: tirer – тянуть, тащить) de quelques pas (на несколько шагов: un pas). Et tu regardais le crépuscule (и ты смотрел закат: „сумерки“) chaque fois (каждый раз) que tu le désirais (как ты этого желал)...

–Un jour (однажды: „один день“), j'ai vu le soleil se coucher (я видел, как солнце заходило: „я видел заходить солнце“: voir) quarante-trois fois (сорок три раза)!

Et un peu (и немного) plus tard (позже) tu ajoutais (ты добавил):

–Tu sais (ты знаешь: savoir)... quand on est tellement triste (когда так печален, грустен) on aime les couchers de soleil (любишь = тебе нравятся закаты солнца)...

–Le jour des quarante-trois fois (в день сорока трех раз) tu étais (ты был) donc (значит, таким образом) tellement triste (так грустен, настолько грустен)? Mais le petit prince ne répondit pas (но маленький принц не ответил).

 

En effet. Quand il est midi aux Etats-Unis, le soleil, tout le monde sait, se couche sur la France. Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher de soleil. Malheureusement la France est bien trop éloignée. Mais, sur ta si petite planète, il te suffisait de tirer ta chaise de quelques pas. Et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais...

–Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois!

Et un peu plus tard tu ajoutais:

–Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil...

–Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste? Mais le petit prince ne répondit pas.

 

VII

 

Le cinquième jour (на пятый день), toujours grâce au mouton (по-прежнему благодаря барашку), ce secrèt de la vie du petit prince (этот секрет жизни маленького принца) me fut révélé (мне был открыт). Il me demanda (он меня спросил) avec brusquerie (резко: „с резкостью“; brusque – неожиданный; резкий, грубый), sans préambule (без предисловия), comme le fruit d'un problème (как плод проблемы) longtemps médité (долго обдумыеваемой, над которой долго размышлял) en silence (в тиши, m = про себя, молча):

–Un mouton, s'il mange les arbustes (если он ест кусты), il mange aussi les fleurs (он ест также и цветы: une fleur)?

–Un mouton mange tout ce qu'il rencontre (все, что он встретит = что ему попадется).

–Même les fleurs qui ont des épines (даже цветы, у которых есть: „которые имеют“ колючки: une épine)?

–Oui (да). Même les fleurs qui ont des épines.

–Alors les épines (тогда колючки), à quoi servent-elles (для чего они служат)?

 

Le cinquième jour, toujours grâce au mouton, ce secrèt de la vie du petit prince me fut révélé. Il me demanda avec brusquerie, sans préambule, comme le fruit d'un problème longtemps médité en silence:

–Un mouton, s'il mange les arbustes, il mange aussi les fleurs?

–Un mouton mange tout ce qu'il rencontre.

–Même les fleurs qui ont des épines?

–Oui. Même les fleurs qui ont des épines.

–Alors les épines, à quoi servent-elles?

 

Je ne le savais pas (я этого не знал: savoir). J'étais alors très occupé à essayer (я тогда был очень занят попыткой: «занят пытаться“) de dévisser un boulon (отвинтить болт) trop serré (слишком тугой: serrer – сжимать) de mon moteur (моего мотора). J'étais très soucieux (я был очень озабочен; un souci – забота) car ma panne (так как моя поломка = вынужденная посадка) commençait de m'apparaître comme très grave (начала мне казаться очень серьезной), et l'eau à boire (и питьевая вода, f: „вода для питья“) qui s'épuisait (которая кончалась: „иссякала“) me faisait craindre le pire (заставляла: „делала“ меня бояться худшего).

–Les épines, à quoi servent-elles?

Le petit prince ne renonçait jamais à une question (никогда не отказывался, не отступал от вопроса), une fois qu'il l'avait posée (стоило ему его один раз задать: „один раз как он его задавал“). J'étais irrité par mon boulon (я был раздражен моим болтом) et je répondis (и я ответил: repondre) n'importe quoi (наобум: „не важно что“):

–Les épines, ça ne sert à rien (это не служит ничему), c'est de la pure méchanceté de la part des fleurs (это чистая злость, вредность со стороны цветов; méchant – злой)!

–Oh!

 

Je ne le savais pas. J'étais alors très occupé à essayer de dévisser un boulon trop serré de mon moteur. J'étais très soucieux car ma panne commençait de m'apparaître comme très grave, et l'eau à boire qui s'épuisait me faisait craindre le pire.

-Les épines, à quoi servent-elles?

Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu'il l'avait posée. J'étais irrité par mon boulon et je répondis n'importe quoi:

–Les épines, ça ne sert à rien, c'est de la pure méchanceté de la part des fleurs!

–Oh!

 

Mais après un silence (но после молчания) il me lança (он мне бросил), avec une sorte de rancune (с чем-то вроде обиды, f):

–Je ne te crois pas (я тебе не верю: croire)! Les fleures sont faibles (цветы слабые). Elles sont naïves (они наивные). Elles se rassurent (они заботятся о своей безопасности; sur – уверенный; безопасный) comme elles peuvent (как они могут: pouvoir). Elles se croient terribles (они полагают себя ужасными = кажутся себе ужасными) avec leurs épines (со своими колючками)...

Je ne répondis rien (я ничего не ответил: répondre). A cet instant-là (в это мгновение) je me disais (я себе говорил: dire): "Si ce boulon résiste encore (если винт будет сопротивляться еще), je le ferai sauter (я его собью: „заставлю прыгнуть“) d'un coup de marteau (ударом молотка, m)." Le petit prince dérangea (сбил, перебил: „привел в беспорядок“; ranger – ставить в ряд) de nouveau (снова) mes reflexions (мои размышления):

–Et tu crois (и ты полагаешь), toi (ты), que les fleurs (что цветы)...

–Mais non (но нет, да нет же)! Mais non! Je ne crois rien (ничего я не полагаю)! J'ai répondu n'importe quoi (я ответил просто так: „неважно что“: répondre). Je m'occupe (я занимаюсь), moi (я = что меня касается), des choses sérieuses (серьезными вещами: une chose)!

Il me regarda stupéfait (он посмотрел на меня изумленно).

–De choses sérieuses!

Il me voyait (он меня видел: voire), mon marteau à la main (мой молоток в руке), et les doigts noirs (и пальцы, черные: un doigt) de cambouis (от смазочного масла), penché sur un objet (склоненным над предметом) qui lui semblait très laid (который ему казался очень уродливым).

–Tu parles (ты говоришь) comme les grandes personnes (как взрослые)!

 

Mais après un silence il me lança, avec une sorte de rancune:

–Je ne te crois pas! Les fleures sont faibles. Elles sont naïves. Elles se rassurent comme elles peuvent. Elles se croient terribles avec leurs épines...

Je ne répondis rien. A cet instant-là je me disais: "Si ce boulon résiste encore, je le ferai sauter d'un coup de marteau." Le petit prince dérangea de nouveau mes reflexions:

–Et tu crois, toi, que les fleurs...

–Mais non! Mais non! Je ne crois rien! J'ai répondu n'importe quoi. Je m'occupe, moi, des choses sérieuses!

Il me regarda stupéfait.

–De choses sérieuses!

Il me voyait, mon marteau à la main, et les doigts noirs de cambouis, penché sur un objet qui lui semblait très laid.

–Tu parles comme les grandes personnes!

 

Ça me fit un peu honte (мне стало совестно: „это мне сделало немного стыда, f“). Mais, impitoyable (но, беспощадно; une pitié – жалость, сострадание), il ajouta (он добавил):

–Tu confonds tout (ты все путаешь: confondre)... tu mélanges tout (ты все смешиваешь)!

Il était vraiment très irrité (он был действительно очень рассержен). Il secouait (он тряс, тряхнул) au vent (на ветру) des cheveux (волосами) tout dorés (совершенно золотыми, золотистыми):

–Je connais une planète (я знаю одну планету) où il y a un Monsieur cramoisi (где есть Багровый господин: cramoisi – темно-красный, малиновый). Il n'a jamais respiré une fleur (он никогда не нюхал цветка). Il n'a jamais regardé une étoile (он никогда не глядел на звезду). Il n'a jamais aimé personne (он никогда никого не любил). Il n'a jamais rien fait d'autre (он никогда не делал ничего другого) que des additions (кроме подсчетов: „сложений“: une addition). Et toute la journée (и целый: „весь“ день) il répète comme toi (он повторяет, как ты): "Je suis un homme sérieux (я человек серьезный)! Je suis un homme sérieux!" et ça le fait gonfler d'orgueil (и это его заставляет надуваться от гордости, m). Mais ce n'est pas un homme (но это не человек), c'est un champignon (это гриб)!

–Un quoi (что = кто он)?

–Un champignon!

 

Ça me fit un peu honte. Mais, impitoyable, il ajouta:

–Tu confonds tout... tu mélanges tout!

Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés:

–Je connais une planète où il y a un Monsieur cramoisi. Il n'a jamais respiré une fleur. Il n'a jamais regardé une étoile. Il n'a jamais aimé personne. Il n'a jamais rien fait d'autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi: "Je suis un homme sérieux! Je suis un homme sérieux!" et ça le fait gonfler d'orgueil. Mais ce n'est pas un homme, c'est un champignon!

–Un quoi?

–Un champignon!

 

Le petit prince était maintenant (был теперь) tout pâle de colère (совершенно бледен от гнева, f).

–Il y a des millions d'années (вот уже: „имеются“ миллионы лет: une année) que les fleures fabriquent des épines (как цветы производят, делают шипы). Il y a des millions d'années que les moutons mangent (как бараны едят) quand même (все же, несмотря на это) les fleurs (цветы). Et ce n'est pas sérieux (и это не является серьезным) de chercher à comprendre (стараться: „искать“ понять) pourquoi elles se donnent tant de mal (почему они прилагают такие усилия: „дают себе столько муки, m“) pour se fabriquer des épines (чтобы изготовить себе шипы) qui ne servent jamais à rien (которые не служат никогда ничему)? Ce n'est pas important (это неважно) la guerre des moutons et des fleurs (война баранов и цветов)? Ce n'est pas sérieux (/разве/ это не серьезно) et plus important (и более важно) que les additions (чем сложения, вычисления) d'un gros (толстого) Monsieur rouge (Красного господина)? Et si je connais (и если я знаю: connaître), moi (я), une fleur unique au monde (цветок единственный в мире), qui n'existe nulle part (который не существует нигде), sauf dans ma planète (кроме как на: „в“ моей планете), et qu'un petit mouton (и который маленький барашек) peut anéantir (может уничтожить; un néant – небытие) d'un seul coup (сразу, в один присест: „одним ударом“), comme ça (вот так: „как это“), un matin (одним /прекрасным/ утром), sans se rendre compte (не отдавая себе отчета: „без /того, чтобы/ отдавать себе отчет») de ce qu'il fait (в том, что он делает), ce n'est pas important ça (это неважно, это)?


Просмотров 373

Эта страница нарушает авторские права




allrefrs.ru - 2021 год. Все права принадлежат их авторам!